jeudi 5 février 2015

Hallo Berlin

Presque un an jour pour jour, je vous parle d'un autre voyage décidé à la dernière minute... Ces temps-ci, je trouve ça plus facile de faire la traduction anglaise que d'écrire la version française, alors vous me pardonnerez quelques anglicismes, j'espère...

Berlin Wall

Fin 2014, le même problème se pose qu'en 2013: que faire avec les quelques précieuses journées de congé qui nous restent? Encore et toujours, la liste de possibilités est longue (elle semble rallonger plutôt que raccourcir avec le temps...): Barcelone? Bruxelles? Marrakech? Madrid? Bruges? Berlin?? J'avais envie de vacances au soleil, mais rien n'est garanti, en novembre... Alors tant qu'à avoir froid quelque part, autant que ce soit à un endroit qui y est préparé. Selon les commentaires que j'en avais eu, on gèle à Berlin, hiver comme été! C'est donc bien équipés que nous sommes arrivés... Et il faisait 16 degrés. Les Berlinois semblaient tout aussi confus que nous, et évidemment ça n'a pas duré, mais c'était assez pour partir du bon pied!

Tiergarten

Comme nous y étions pour une semaine, nous avons choisi de réserver un appartement plutôt qu'un hôtel. On ne nommera personne, mais l'un(e) de nous deux a besoin de manger avant de sortir affronter le monde, sinon gare à vous! (Les anglophones ont un mot parfait pour le phénomène: «hangry»!) Par conséquent nous avions besoin d'une petite cuisine, pas envie de passer par Airbnb cette fois-ci. C'est bien pour un weekend, mais à la longue on a un peu l'impression de marcher sur la pointe des pieds pour faire attention à la maison de quelqu'un d'autre... Par chance il existe quelques options d'hôtels-appartements; dans ce cas-ci un bloc appartement comme les autres géré en entier par une compagnie de location à court ou plus long terme (Old Town Apartments, bon service, prix raisonnable, vivement recommandé!). Nous avions choisi l'emplacement (à 10 minutes à pied au nord d'Alexanderplatz) en pensant que ce serait pratique pour les transports, mais sans vraiment avoir une idée de la vie de quartier. Nous avons été agréablement surpris, autant par le quartier que par l'appartement lui-même. Rien de luxueux, mais spacieux, propre et tranquille (sauf le jour des poubelles). Nous nous sommes promenés pas mal au cours de notre séjour, et c'est notre quartier qui est resté mon préféré!

Prenzlauer Berg

Aucun de nous deux ne savait vraiment à quoi s'attendre de Berlin. Évidemment, c'est une ville hyper connue, pour de bonnes et de moins bonnes raisons, pour son passé autant que pour son présent (et même son avant-garde). Ceci dit, je n'ai eu à peu près que des commentaires élogieux (sauf pour la température), et ce provenant de gens relativement différents. Nous étions donc à peu près confiants d'y trouver notre compte, même en y allant pour une semaine complète plutôt qu'un weekend. Et nous n'avons pas été déçus!

Alexanderplatz

Le premier jour, donc, il faisait beau, et notre avion est arrivé 30 minutes en avance. C'était déjà bien parti. Nous avons réussi à naviguer le système de transport en commun (avec l'aide d'une préposée tout droit sortie des années 80, ce qui allait s'avérer être un trait courant des Berlinois d'une certaine génération) pour trouver notre appartement, via le bureau de location où l'employé nous a donné une carte et plein de conseils de trucs à faire. Aussitôt les valises déposées, on ressort pour profiter au maximum du soleil de fin d'après-midi. De chez nous, on peut marcher jusqu'à Alexanderplatz – je dois avouer que ma connaissance de Berlin était vraiment très limitée, mais c'était un des noms qui me disait vaguement quelque chose. Bon, il n'y a pas grand chose à voir sur la place même, mais on a rencontré plusieurs boutiques sympathiques en chemin (thé + papeterie sous un même toit, je ne dis pas non!), et posé quelques repères (la tour de télé est difficile à manquer, et nous a offert une référence infaillible pour retrouver notre appartement tout au long du séjour!). Nous sommes aussi passés par un marché où j'ai acheté une bague à un artisan qui s'est avéré être français et m'a remerciée d'un tonitruant «Québec, câlisse!». Bienvenue à Berlin!

Prenzlauer Berg

Prenzlauer Berg

Il faut croire que nous avions vraiment besoin de vacances – nous avons dormi presque 13 heures la première nuit! Apparemment les Berlinois ne sont pas des lève-tôt (pas que j'aie eu la chance de vérifier), alors nous en avons profité! Cette fois-ci nous sommes partis vers le nord, après un arrêt carburant pour Matt au café branché d'à côté, en direction du marché du dimanche à Mauerpark, vivement recommandé par notre gentil «hôte». Pour avoir écumé les marchés de Londres en long et en large, je peux attester que c'est Berlin qui gagne, haut la main. Il y avait un peu de tout, du vieux comme du neuf, de la nourriture, de la musique, et beaucoup de monde: des familles, des jeunes, des couples, des enfants, des chiens... Le tout dans une ambience tout à fait relax, pas forcée ni empruntée; juste plein de gens normaux qui allaient faire un petit tour au marché par un dimanche matin ensoleillé. C'est l'attitude que je retiens de Berlin: effortlessly cool, comme on dit chez nous.

Tiergarten

Après Mauerpark, nous avons pris le métro pour aller dans l'ouest, juste de l'autre côté du Tiergarten (Strasse des 17 Juni), pour un autre marché, celui-là pour les antiquaires sérieux. Il valait probablement une visite au musée: il y avait vraiment toute une variété d'époques, de catégories et de budgets, et ça c'est seulement dans la petite partie que nous avons eu le courage de visiter! J'ai récupéré un beau stein avec «Matthias» en lettres gothiques sur le capuchon, pour mon Anglais qui aime boire sa bière à l'allemande, de temps en temps!

Tiergarten

Brandenburger Tor

Après deux marchés, nous étions trop fatigués pour traverser tout de suite le Tiergarten alors nous sommes allés manger une tarte dans un sympathique café au bord du canal (en plein-air, il a fallu compétitionner avec les moineaux téméraires). Puis en prenant notre temps à travers le parc, nous sommes arrivés à la porte de Brandebourg juste au coucher du soleil. Au milieu des travaux par contre, puisque nous arrivons comme un cheveu sur la soupe lors des préparatifs pour la célébration du 25e anniversaire de la chute du mur.

Berlin Wall

Voyager à deux, c'est rassurant et divertissant, mais c'est aussi faire des compromis: je voulais faire une marche guidée, il voulait louer des vélos. Nous ferons donc un tour guidé à vélo! Plus sécuritaire pour moi (la stressée du guidon), et intéressant pour nous deux. La compagnie s'appelle Fat Tire, et notre guide, Julian from Toronto (qui a jugé nécessaire de me poser des questions-pièges pour prouver que je suis vraiment canadienne, accent British oblige), était intéressant, passionné et particulièrement calé. Nous avons appris plein de trucs, et il avait réponse à tout!


Checkpoint Charlie

On a fait le tour de toutes les attractions principales, d'Alexanderplatz au Tiergarten, en passant par Checkpoint Charlie, le mur, l'île des musées, le Reichstag, le bunker d'Hitler, le monument à l'Holocauste et toutes sortes d'églises et de places dont j'oublie le nom (le désavantage d'être escortés partout sans avoir à réfléchir). Pas particulièrement sportif avec 4 heures et demie pour couvrir 10 kilomètres (surtout quand on commande le boudin noir/choucroute/purée ou le schnitzel pour dîner), mais ça nous a donné une meilleure idée de ce qu'il vaudrait la peine de revisiter plus tard. Berlin est une ville extrêmement riche en histoire, mais à cause de ses différentes transformations au cours du temps, il faut souvent savoir où regarder!

Humboldt University

Après le tour, Julian nous avait recommandé un petit bar local où aller prendre un verre. Il a seulement négligé de mentionner qu'apparemment, à Berlin, c'est toujours toléré (même si pas tellement légal) de fumer dans les endroits publics. Inutile de dire que nous ne sommes pas restés longtemps... Après encore quelques boutiques en chemin vers l'appartement, nous avons fini épuisés et pas du tout tentés de ressortir manger. Ce sera donc pizza pour emporter et bière du supermarché... Et dodo tôt, encore une fois. We're on our holibobs, comme disait Matt! (Traduction: on est en vacances... on fait bien ce qu'on veut!)

Bauhaus Archive

Déjà le mardi nous commencions à ressentir les effets accumulés de la marche intensive, nous qui passons généralement 8 heures par jour assis devant un ordi plutôt que dehors à essayer de retrouver notre chemin. Comme il faisait gris, nous avons planifié de commencer par une visite des archives du Bauhaus, sauf que nous nous sommes cogné le nez à des portes closes. Fermé le mardi, évidemment... Ayant décidé de continuer la journée dans Charlottenburg de toute façon, comme nous y avions noté quelques adresses, nous avons cherché la première... et jamais trouvé. Affamés et un peu déboussolés dans un quartier où nous pensions trouver tant à faire, nous nous sommes arrêtés dans un café sans intérêt pour manger une bouchée et essayer de remettre notre journée sur les rails. J'ai sorti l'artillerie lourde: il y avait une seule adresse où je tenais absolument à aller durant notre voyage, un magasin qui m'avait été recommandé par mes patrons et qui, je le savais, me rendrait heureuse. C'est donc directement chez Manufactum que nous sommes allés. Heureusement, il était bien là où il se devait, et ouvert en plus! Difficile à décrire, c'est un endroit qui vend de tout, que ce soit nourriture, papeterie, mobilier, outils, vêtements... Mais avec une vision précise de qualité et de provenance, et un côté utilitaire très allemand. J'en suis ressortie les bras pleins et le moral au beau fixe (Matt, il va sans dire, était un peu moins impressionné, mais soulagé du changement d'humeur).

Charlottenburg

Nous avons encore cherché les endroits intéressants de ce quartier, sans grand succès jusqu'à ce qu'on aboutisse sur Kufürstendamm, où se trouvent toutes les boutiques de designers et surtout: de la vie! Des gens, enfin! Nous avons remonté Kufürstendamm vers le parc, à la recherche d'un endroit où prendre un verre qui ne soit pas un bar d'hôtel avec de la musique de club. Nous avons fini par tomber sur un vrai-faux pub allemand avec le traditionnel décor de mauvais goût, où Matt a bu la «meilleure bière du monde» (parole du proprio). Nos petits pieds se sont reposés mais ce n'était toujours pas l'heure de manger, alors j'ai proposé d'aller voir KaDeWe, le grand magasin de Berlin-Ouest, à deux coins de rue. En cours de route, nous sommes tombés sur le magasin Lego: arrêt obligé. Nous avons fini par y passer une bonne demie-heure à créer des bonhommes invraisemblables (il y a tous les morceaux dans des bacs, têtes, corps, accessoires, et on crée des personnages de toutes pièces, littéralement!). Au final nous avons seulement fait une pause pipi dans le plus grand magasin à rayons d'Europe, avant de partir à la conquête de notre souper. Quelques minutes de marche plus tard, nous constations que le resto choisi dans notre guide était plus chic que nous (un problème récurrent en voyage), alors nous nous sommes rabattus sur un endroit plus authentique et animé au coin de la rue. Après une journée parfois difficile à marcher dans le froid, rien de tel qu'une assiette traditionelle allemande pour se remettre les esprits en place! Jarret d'agneau et nouilles (panées...) pour Matt; hareng mariné et pommes de terre pour moi.

Friedrichshain

Le lendemain, nous avons procédé à la prise deux du musée du Bauhaus – avec succès, cette fois-ci! On s'attendait tous les deux à une grande quantité d'objets variés, une version encore plus détaillée de l'expo Bauhaus que nous avions vue et aimée au Barbican, à Londres. C'était plutôt l'inverse: une petite salle relatant l'histoire de l'école, ses principaux acteurs et moments marquants; et une plus grande salle présentant une exposition temporaire axée sur Lazlo Moholy-Nagy, l'un des directeurs. Si j'habitais à Berlin, je serais contente d'y retourner souvent pour voir les différentes expositions plus approfondies, mais pour des visiteurs espérant un tour d'horizon plus vaste, nous sommes restés sur notre faim. Nous avions considéré faire le voyage pour aller voir l'école elle-même à Dessau, mais ce sera pour la prochaine fois...

Berlin Wall

Après notre sortie culturelle dans l'ouest, nous avons repris le U-Bahn pour aller complètement dans l'est, manger un burger cuisiné dans une ancienne toilette publique (Burgermeister) et servi en plein-air, sur un terre-plein sous les rails du métro. Et c'était excellent! Nous avons passé le reste de l'après-midi à marcher le long du mur-galerie au bord de la rivière Spree et à découvrir Friedrichshain, un quartier cool de l'ancien Berlin-Est. Dans le gris et le froid, c'était on ne peut plus typique!

Schloss Sanssouci

Neues Palais

L'avantage d'être là pour une semaine, c'est qu'on a pu se permettre de sortir de la ville pour voir autre chose: en l'occurrence, Potsdam, pour visiter les palais. Par contre, le jour où on a décidé de faire ça, il y avait la grève des trains... Heureusement, c'est seulement une fois arrivés à destination que nous avons été informés du problème, notre voyage ne s'en est pas trop ressenti. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'on pourrait rentrer! Nous n'avions pas vraiment planifié, mais comme nous étions hors-saison, il n'y avait pas des masses de choix. Exit le tour de vélo et la plupart des visites guidées; il y avait une seule compagnie d'autobus qui roulait toujours. Choix facile, donc... Le bonhomme qui nous a vendu les billets inspirait plus ou moins confiance («allez mon ami, je te fais un bon prix!»), mais notre guide semblait tout à fait respectable, et une chance qu'elle était intéressante parce qu'il faisait gris et froid, pas de chauffage dans l'autobus avec un toit en bâche...

Schloss Cecilienhof

Potsdam

Nous avons visité les trois principaux palais (de l'extérieur) et vu quelques autres trucs en passant, puis ils nous ont laissés à nous-mêmes dans la vieille ville. Et c'était vraiment très joli, particulièrement le quartier hollandais et Little Amsterdam! Je réalise que je n'en fais pas un portrait très alléchant, mais c'était tellement différent de Berlin, ça valait le déplacement malgré tout. En rentrant à Berlin, nous avons décidé de retourner manger dans un pub où nous avions seulement pris un verre mais qui nous avait semblé plutôt charmant. Boulettes de viande, pommes de terre, sauce; la diète, décidément, ce ne sera pas pour tout de suite!

Berlin Wall

Holocaust Memorial

Le vendredi, nous ne voulions pas trop nous éloigner pour être sûrs de ne pas manquer notre seule obligation de la semaine: le match de soccer de l'équipe berlinoise! (Voyager à deux, compromis, tout ça, tout ça...). Nous avions simplement envie de retourner à deux endroits repérés lors de notre tour à vélo: le musée Topographie de la terreur, et le monument à l'Holocauste (journée joyeuse en perspective). Je pensais que nous aurions à meubler notre temps autrement, mais c'était sans compter que nous passerions deux heures et demie au musée! C'est une seule salle, avec beaucoup de lecture à faire sur de grands panneaux, mais c'était vraiment intéressant. J'ai réalisé à quel point je me souvenais peu de mes leçons d'histoire, et le fait de mettre les événements en contexte leur donne un tout autre sens. Frissons dans le dos garantis... Et pareil pour le Monument aux Juifs assassinés d'Europe (son nom officiel, puisqu'il y a aussi des monuments dédiés aux autres groupes victimes de l'Holocauste), mais à un niveau plus abstrait et sensoriel. Les deux m'ont beaucoup touchée.

Potsdamer Platz

Sur cette note légère, nous sommes retournés à l'appartement pour enfiler tous nos vêtements les plus chauds en prévision de notre soirée au stade. Nous sommes partis bien en avance mais une erreur de parcours a permis aux foules de nous rattraper, et nous avons fait le plus gros du voyage debout, comprimés dans un wagon rempli à ras bord de fans déjà réchauffés (dans tous les sens du terme), à suer dans nous six couches de chandails. J'ai trouvé le stade impressionnant (bâti sous le règne d'Hitler pour les Olympiques de 1936), et mon cerveau n'a pas pu s'empêcher de faire un parallèle inconfortable entre la foule de supporters chantant à l'unisson et les images de l'Allemagne nazie vues plus tôt... Mais une bière, un bretzel géant et une currywurst m'ont ramenée au moment présent, et j'ai même apprécié le match! Jusqu'au moment de retourner en ville, lorsqu'il a fallu se battre (littéralement, je n'avais jamais vu ça!) pour monter dans un train qui est tombé en panne à la station suivante, et attendre encore 20 minutes pour qu'il y ait assez de place pour nous... Disons que globalement, je n'ai pas été particulièrement impressionnée par le système de transport berlinois. En plus, les wagons sont décorés comme des cuisines des années 70...

Prenzlauer Berg

Samedi, notre dernière journée déjà! Nous ne sommes pas fâchés de rentrer chez nous, tout en ayant l'impression que Berlin aurait facilement pu devenir «chez nous»... Notre vol était seulement en fin de journée, mais avec la grève des trains, personne ne pouvait vraiment nous dire avec certitude combien de temps il faudrait pour nous rendre à l'aéroport. Nous devions quitter l'appartement pour 11h de toute façon, alors nous sommes allés bruncher sur une terrasse au soleil, puis marché dans Prenzlauer Berg, notre quartier, que nous n'avions pas vraiment encore exploré. C'était tellement joli, au soleil d'automne! Un côté de Berlin qu'on ne voit pas souvent, quand on pense à l'architecture fasciste, aux mauvaises reconstructions d'après-guerre, et aux nombreux sites encore en travaux...

Prenzlauer Berg

Nous avons pris le train bien en avance pour être sûrs de ne pas manquer notre avion, et sommes arrivés sans encombres à l'aéroport. Retour à Londres sous la pluie, évidemment... Auf Wiedersehen, Berlin!

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dimanche 16 février 2014

Glædelig Jul, København

Joyeux Noël, Copenhague

Boat tour

Vers la fin de l'année 2013 (je dis ça comme si c'était un passé lointain...), j'ai réalisé que j'avais plus de journées de congé que prévu et que je devais les prendre, ou les perdre, avant la fin de l'année.  Il a fallu faire preuve de créativité et d'ouverture (et surtout bien chercher dans tous les racoins de l'internet), parce que l'élément «voyage de dernière minute un mois avant Noël» nous compliquait quand même un peu la vie côté budget. On voulait aller quelque part en-dehors du Royaume-Uni, idéalement où on retrouverait un peu d'ambiance festive, et j'ai toujours un faible pour le côté romantique d'un voyage en train par rapport à l'avion; peut-être parce que ça me semble tellement européen? (Surtout dans l'imaginaire, hein, parce que dès que je pose mes fesses sur un siège qui fait face à l'arrière même si j'avais réservé la bonne direction, avec des voisins qui parlent fort de choses insignifiantes, les odeurs de leur nourriture et de la toilette qui se mélangent, le manque d'espace et les délais, retards, et autres problèmes techniques, je reviens rapidement sur terre...) Bref, nous avons commencé à regarder dans les environs de la Belgique, l'Allemagne ou la France, avant de nous rendre à l'évidence: à deux semaines d'avis, le train, c'était mort. Et s'il lui restait encore un dernier râle d'agonie, c'était pour être définitivement achevé par le prix des hôtels, auberges, et autres B&B.

Rådhuspladsen

Je ne me souviens pas bien comment nous nous sommes retrouvés à chercher un peu tout et n'importe quoi sur le site d'EasyJet, pour tomber par hasard sur des billets vraiment pas chers pour Copenhague. On se pose quand même un peu la question: oui apparemment Copenhague c'est l'endroit le plus cool sur terre (ce n'était pas moi qui le disais à l'époque – maintenant oui!), mais ça ressemble à quoi en décembre? Et surtout, c'est quoi l'attrape, on croyait que c'était hyper cher, la Scandinavie? Puis la Québécoise en moi sort de son hibernation et arrive avec ses skis; même si, dans le pire des cas, il neigeait et/ou qu'il faisait -30, on en a vu d'autres, quand même (vraiment, je deviens trop anglaise...)! Mes derniers doutes quant au nombre d'heures d'ensoleillement se sont évaporés au moment où je me suis rappelé les collections de Noël féériques chez Ikea (oui, je sais que c'est suédois). À nous deux, hiver scandinave!

The Lakes

Après mon baptême EasyJet (sans encombres), nous sommes arrivés en terre danoise vers 14h un samedi de décembre. L'aéroport est relativement près du centre et facile d'accès en transports en commun, alors nous étions en ville vers le milieu de l'après-midi. La lumière commençait à baisser... Le temps de trouver le bon autobus, «notre» appartement et la gentille Rikke qui nous le prêtait (via Airbnb)*, il faisait complètement noir! Voilà, c'était donc vrai, les journées sont courtes – pires qu'en Angleterre, où je remarque déjà une nette différence avec le Québec. Tant pis, la vie continue, c'est comme la pluie à Londres: tout le monde fait semblant de ne pas la voir! Donc nous sommes sortis marcher pour commencer à nous situer et avoir une idée des distances. Autant faire notre repérage dans le noir, si c'est comme ça que se passerait 75% du séjour!

The Lakes

Botanisk Have

L'autre problème c'est que le soleil se lève tard le matin, donc malgré nos bonnes intentions nous étions rarement sortis de chez nous avant la fin de l'avant-midi. En même temps, quand on est en vacances, on peut bien se permettre de faire la grasse matinée... Nous habitions dans Nørrebro, dans le nord-ouest de la ville, juste de l'autre côté des lacs artificiels qui délimitent la frontière avec le centre-ville. Le dimanche matin (midi), nous sommes allés les longer (de clarté!) pour traverser au niveau du Statens Museum for Kunst. Il faisait beau et nous avions plutôt envie de découvrir la ville que de passer une heure au musée, alors nous avons continué notre chemin, avec un petit détour par le jardin botanique et sa serre pour se réchauffer!

Nyhavn

Boat tour

Nous avons ensuite continué à marcher jusqu'à Nyhavn, la petite rue pittoresque au bord de l'eau qui attire tous les touristes. Il y avait un marché de Noël, pas trop de monde, nous avons déambulé en mangeant un hot dog français, c'était plutôt charmant! Déjà le soleil commençait à menacer de disparaître, alors nous avons sauté sur un bateau guidé pour aller visiter la ville par ses canaux. J'avais fait un tour semblable à Amsterdam, ce n'est pas fameux pour se retrouver à pied après, mais au moins ça place les plus gros morceaux. Et même si on a gelé, le coucher de soleil était magnifique!

Carlsberg Museum

Tivoli

En fin d'après-midi (dans le noir), nous avons pris un bus pour nous rendre au musée Carlsberg, mais malgré l'aide d'un bon Samaritain qui nous a indiqué l'arrêt où descendre, nous avons eu du mal à trouver et sommes arrivés juste après la fermeture... Un peu dépités, nous avons erré jusqu'à revenir dans le centre, et décidé d'aller voir Tivoli; impossible de rester de mauvaise humeur dans un endroit pareil! Tivoli, c'est un espèce de parc d'amusements en plein centre de la ville, où on pourrait facilement rester une journée entière. Ce n'est pas immense, mais il y a des manèges bien sûr, et aussi des théâtres et salles de spectacles, de nombreux restaurants, cafés et boutiques, le tout dans de jolis jardins aménagés. Et le soir, avec toutes les lumières colorées, c'est vraiment féérique! Même le «quétaine», les Scandinaves le font avec goût...

Petzi!

À Tivoli, j'ai aussi renoué avec un ami d'enfance, oublié depuis longtemps: Petzi, dont je lisais les aventures avant de dormir. Je ne savais même pas qu'il était danois! De même que les Lego, Hans Christian Andersen et toutes ses histoires dont je raffolais (dans leurs versions originales autant que Disney), et plein d'autres détails remarqués un peu partout durant notre voyage. Des choses qui me semblaient soudainement familières pour les avoir déjà vues, petite; que ce soit un personnage, un nom, un lieu, un style d'illustration... Je n'avais jamais réalisé que mon imaginaire d'enfant avait été autant marqué par l'univers scandinave!

Danske Cykelhandlere

Nous sommes rentrés, à pied encore une fois, et c'est après cette première journée que nous avons vraiment compris que le vélo, à Copenhague, ce n'est pas juste un style. C'est une réelle nécessité, dans une ville où tout est un peu trop loin pour marcher, mais un peu trop proche pour justifier de prendre les transports en commun (apparemment très chers!). Et en plus, bonus: c'est tout plat partout! Matt avait des fourmis dans les jambes, mais je ne me sentais pas à l'aise de me déplacer en vélo dans une ville que je ne connais pas, j'y voyais plus une entrave à notre liberté qu'un réel avantage. Ce sera pour la prochaine fois...

Boat tour

C'est donc à pied que nous sommes repartis le lendemain, lundi, pour aller visiter les boutiques que j'avais repérées mais qui étaient toutes fermées le dimanche. Nous avons eu du mal à trouver la première, Designer Zoo, et encore plus à décider quoi rapporter dans nos valises déjà bien remplies (enfin c'est plutôt moi, l'acheteuse indécise, je pense que ça ne surprend personne). Après avoir fait quelques autres magasins, j'ai réalisé qu'on retrouvait un peu les mêmes trucs partout. Au moins j'avais déniché mon petit magot dans une boutique indépendante hors du centre, pas un grand magasin touristique, et puis je n'ai pas revu exactement ce que j'avais acheté ailleurs, alors je pense m'en être plutôt bien sortie! Nous avons aussi fait un petit tour à Playtype, Hay, et l'incontournable Illums Bolighus. Imaginez un immense magasin à rayons, type John Lewis ou La Baie, rempli exclusivement de ce qui ne compose habituellement qu'une petite section «scandinave». Tout, tout, tout était beau, bien fait, intelligent, noble, minimaliste, ludique, coloré, désirable, à en avoir mal à la tête... Il a fallu que je sorte. C'était il y a plus de deux mois et j'en ai encore le coeur serré rien qu'à y penser...

The Little Mermaid

Entre deux magasins, nous sommes allés prendre une bouffée d'air frais au bord de l'eau, un peu en retrait du centre, où se trouve la fameuse Petite Sirène. La pauvre, elle a beau être hors des sentiers battus, elle est toujours entourée de nonos, et on lui a fichu un bel arrière-plan d'usines et d'entrepôts... J'ai fait l'obligatoire photo de groupe pour des touristes japonais, qu'ils arrêtent leurs niaiseries, puis pris quelques photos de la belle pendant qu'on était tranquilles. Pour rester dans le thème, nous avons fini la journée avec un tour du musée HC Andersen – déception numéro un du voyage, c'était cher et ce n'était rien du tout, à moins d'avoir envie de se faire raconter ses contes les plus connus en appuyant sur un bouton...

Tivoli

Et juste comme on commençait à se sentir installés, c'était déjà le jour du départ! Pas le temps de faire grand chose d'autre qu'une dernière marche, et un tour de métro pour retourner à l'aéroport. Fait intéressant: les métros n'ont pas de cabine pour le conducteur (pas de conducteur du tout?) donc on peu être assis directement en avant, aux premières loges pour voir défiler les tunnels! Ceux à qui le «siège du touriste» dans les autobus de Londres (le premier en avant, en haut) donne donne des sensations fortes, n'y pensez même pas!

Boat tour

J'ai quitté Copenhague en ayant l'impression d'être restée sur ma faim. Nous avons fait plein de choses, mais il y en a tellement d'autres que j'aurais voulu faire! Nous n'avons vu aucun musée, même pas mis les pieds dans la plupart des quartiers, pas vraiment profité des restaurants non plus, ni même fait de vélo... Je suis définitivement de ce type de voyageurs qui aiment retourner aux mêmes endroits et se créer des habitudes, plutôt que de découvrir de nouveaux endroits à tout prix. Je perds un peu mes moyens quand je me retrouve dans un endroit totalement inconnu, ce que j'aime c'est y vivre comme les locaux, et ça, ça prend un peu de temps. N'empêche, il y a quand même quelques nouvelles destinations sur la liste, avant de pouvoir recommencer à faire le tour de ce que j'ai déjà vu... Peu importe, on se reverra, Copenhague, c'est sûr!

Boat tour

*Attention, message d'intérêt public: chercher un appartement à Copenhague sur Airbnb, c'est à la fois excitant, déprimant, et totalement addictif. Mais qu'est-ce qu'ils ont, tous ces Scandinaves, à avoir un goût infaillible?

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samedi 1 février 2014

Ménage du printemps ::: Spring cleaning

N'ajustez pas votre sécheuse... Le blog se refait une beauté!

Plus d'espace, des photos plus grandes, moins de gadgets... Ça vous plaît?

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No you're not going mad... The blog is having a facelift!

More space, bigger photos, less clutter... How do you like it?