samedi 6 février 2016

Maroc ::: Morocco ::: 1

Tel que promis, ici commence notre périple au Maroc... Enfin, très court pour un «périple» (six jours – pas exactement l'Odyssée), mais mon choix de vocabulaire se base plutôt sur le dépaysement et la variété que sur la durée!

Jamaâ el Fna

Cette année plus que les autres depuis que je suis en Angleterre, j'ai vraiment eu l'impression de ne pas avoir d'été. Il y a bien eu quelques jours de chaleur, mais ça n'est jamais vraiment resté; et pour être parfaitement honnête je pense que mon impression a aussi quelque chose à voir avec le fait que mon travail a déménagé dans un espace (temporaire, une chance) où il fait toujours à peu près 12 degrés et humide (comme dans une grotte)... En plus, l'immeuble datant d'une époque pas si lointaine où les travailleurs avaient besoin de lumière naturelle mais n'étaient pas encouragés à rêvasser en regardant dehors, nos fenêtres au plafond ne sont pas exactement propices à l'admiration du climat extérieur. Bref, s'il a fait chaud, je n'en ai pas eu connaissance, ce qui fait que rendue en septembre, j'étais sérieusement déprimée à l'idée d'affronter un autre hiver anglais, sombre et mouillé – et possiblement aussi à cause d'un autre événement dont nous avons déjà parlé... Malgré tout, Barcelone m'avait laissée sur ma faim, j'avais encore besoin de vitamine D! Alors nous avons choisi, pour nos «vraies vacances», l'équivalent pour les Français de Cuba pour les Québécois.

Chercher le soleil en Europe en novembre, ce n'est pas impossible, mais ça peut être risqué pour différentes raisons. Généralement, les destinations «soleil» pour les Européens (en tout cas, pour les Britanniques) sont prisées pour les vacances de type tout-inclus. Tout ce qu'on trouve en ligne, ce sont des forfaits sur des îles paradisiaques qui semblent avoir été complètement abandonnées aux immenses complexes dont personne n'a jamais besoin de sortir. Je n'ai jamais fait ce type de voyage alors j'adorerais peut-être ça (on est passés à un poil d'essayer, aux îles Canaries...) – mais ça me surprendrait beaucoup! Ma peau de porcelet ne tolérerait pas une semaine complète d'exposition sans relâche, et mon cerveau ne survivrait pas non plus à la végétation totale. La plage, très peu pour moi; sauf pour prendre des marches et trouver des coquillages. On ne parlera même pas des endroits qui se vantent d'être au bord de la mer mais proposent aussi onze piscines (c'est vrai!); et toutes les animations, jeux, disco, activités de groupe, pas vraiment mon style... Bref, du soleil, oui, mais pas à n'importe quel prix.

Riad Linda

Par ailleurs, impossible de partir complètement à l'aventure puisque j'ai besoin d'un certain niveau de préparation et d'assurance, et de toute façon nous sommes limités aux transports en commun puisqu'aucun de nous deux ne peut/veut conduire. J'ai déjà parlé du mode de vie cool des Espagnols de Barcelone, je n'ose même pas imaginer à quoi ressemble le service d'autobus dans une petite ville de Majorque, par exemple... Enfin, tout ça pour dire que la décision n'était pas facile, surtout que plus le temps passait, plus la température devenait incertaine; et je réalise maintenant que toute cette histoire finit un peu en queue de poisson parce que je ne me souviens même plus comment nous avons finalement décidé d'aller au Maroc... Toujours est-il que nous nous sommes branchés sur le pays, j'ai acheté un guide, et la confusion a recommencé parce que tout semblait extraordinaire, et on ne savait pas par où commencer! J'avais seulement cinq jours de vacances à utiliser donc tout au plus huit à neuf jours de voyage, trop court pour la plupart des tours organisés que nous avions vus. Nous sommes mêmes allés rencontrer un agent de voyage, chose que je n'ai plus du tout le réflexe de faire en cette ère d'Expedia, Trip Advisor, Airbnb, et compagnie; et même si nous n'avons pas choisi de voyager avec eux, leurs conseils nous ont quand même aiguillés un peu. Je dois aussi mentionner que je me suis foulé une cheville alors que nous étions en pleins préparatifs, donc mes idées de randonnée pédestre dans les Monts Atlas ont pris le bord assez vite (une chance que nous n'avions encore rien réservé)...

Nous en avons aussi parlé beaucoup autour de nous, et spontanément, quand nous disions vouloir aller au Maroc, les gens demandaient: «Marrakech?» – certainement un incontournable, mais c'est quand nous avons réalisé qu'un court voyage dans le désert pourrait être combiné à notre séjour là-bas que la décision s'est vraiment cristallisée. J'avais toujours eu envie d'aller au Maroc, sans vraiment ressentir l'urgence d'y aller à tout prix. C'est le genre de destination (un peu comme l'Inde, qui me fascine et me terrifie) pour laquelle j'attendais que les bonnes conditions soient réunies; et sans le faire exprès, c'est ce qui est arrivé! Principalement: j'y allais avec Matt, plutôt que toute seule, et on dira ce qu'on voudra (des amies ont eu de très bonnes comme de très mauvaises expériences en tant que femmes, seules ou en petit groupe, au Maroc), pour moi c'était rassurant d'avoir un homme avec moi. Pas quelque chose qui m'est arrivé souvent dans ma vie...! Et en réalité, comme il ne parle pas français, c'est moi qui interagissait le plus avec les gens; mais juste le fait d'être ensemble m'a évité pas mal d'inconvénients, j'en suis convaincue. Il s'avère que l'automne est aussi un bon moment pour y aller: il ne fait pas trop chaud (20-25 degrés de jour lors de notre séjour, mais plus frais le soir, dans les montagnes et dans le désert), et ce n'est pas encore la saison des pluies. Aux dires de l'un de nos chauffeurs de taxi, ça aurait dû l'être, donc je conseillerais peut-être d'y aller plus vers la fin octobre qu'à la mi-novembre, comme nous.

Marrakech

Tout ça pour dire que nous sommes partis très tôt un dimanche matin grisailleux de novembre, pour atterrir en fin d'avant-midi dans un pays ensoleillé qui nous a semblé bien sec vu d'en haut! La folie qu'est Marrakech commence dès qu'on met le pied en-dehors de l'avion: pas de petits rubans ici pour diriger les passagers, marche sous le réacteur qui veut... Puis on fait une longue queue pour passer les douanes (mais ça, c'est partout pareil), et une autre pour aller retirer de l'argent. Apparemment il est très difficile d'obtenir des dirhams marocains hors du pays, nous avons essayé deux bureaux de change avant de partir, sans succès, donc nous voici à faire la file avec tous les passagers de notre vol, ou presque! On réalisera plus tard qu'il est crucial de demander des petites coupures (ce que nous avons fait, mais elles n'étaient pas si petites), parce que personne n'a jamais de monnaie, nulle part; et il est essentiel de pouvoir donner de petits pourboires à gauche et à droite, que ce soit au garçon qui nous indique le chemin ou à la dame qui s'occupe des toilettes.

Le riad que nous avions réservé pour la première nuit (tenu par une Écossaise!) se trouvait à deux pas de Jamaâ el Fna, la place centrale dans la médina, ce qui nous semblait une bonne idée comme nous n'y serions pas longtemps. Nous avions même un chauffeur qui nous attendait à l'aéroport (gracieuseté du service qui nous emmènerait dans le désert le lendemain), mais la médina étant ce qu'elle est, il lui était impossible de nous conduire jusqu'à la porte: il fallait terminer le trajet à pied. Si vous croyez que vous avez un sens de l'orientation à toute épreuve, allez à Marrakech, et on en reparlera... C'est simple: un étranger, à plus forte raison s'il s'est levé à 4h du matin et débarque à peine de l'avion, ne peut pas se déplacer tout seul dans les rues de la vieille ville. Notre chauffeur s'est donc arrêté à la Place (comme l'appellent les locaux), et un autre bonhomme est arrivé, lui a serré la main, et s'est emparé de nos valises. Il avait l'air bien intentionné mais personne ne nous a expliqué ce qui se passait; un autre comportement auquel on apprendrait à s'adapter dans les jours suivants... Donc de rue en ruelle en passage nous avons suivi nos valises, tout en essayant de noter quelques repères pour le trajet en sens inverse, et nous avons fini par arriver à bon port. Notre guide s'est avéré être notre hôte, et a rempli son rôle principal avec brio: nous imbiber de thé à la menthe à chaque opportunité! Il n'y avait personne d'autre ce soir-là, alors nous avons eu le choix de la chambre, et l'usage unique de la terrasse sur le toit. C'est là que nous avons finalement lâché un grand «oufff» et laissé le rythme des vacances prendre le dessus...

Marrakech

Après avoir paressé un peu au soleil, nous sommes partis à la découverte de la Place, question de se mettre un peu dans le bain. Et quel bain! Une foule parfois si dense qu'on ne peut plus bouger, des sons, des odeurs, des singes, des serpents... En plus de la légère paranoïa du voyageur qui s'est fait mettre en garde, dix fois plutôt qu'une, contre les pickpockets émérites, et qui se sent une cible facile avec son air innocent et sa peau laiteuse... Je me suis arrêtée deux minutes pour photographier le Café Montréal pendant que Matt prenait les devants, et c'est tout ce qu'il a fallu pour que je me fasse aborder immédiatement: 10 mètres d'écart (et un appareil-photo)! Nous avons réussi un tour de la Place et une courte aventure dans les souks avant de décider de retourner prendre notre souffle au riad, pour ensuite ressortir manger au marché qui s'élève dans la Place au coucher du soleil. C'est le même endroit, mais l'atmosphère change complètement: les singes à petites couches vont se coucher (je ne veux pas savoir où, les pauvres), les charmeurs de serpents ramassent leurs cobras, et cèdent l'espace à un drôle de mélange de barbecues divers, escargots bouillis, têtes de moutons entières, et jus d'orange frais. Impossible de faire deux pas sans se faire haranguer de tout bord tout côté, mais finalement avec raison: quand l'offre semble être la même partout, on choisit le vendeur le plus convaincant! Pour nous, ç'a été celui qui nous a promis que notre repas serait «bloody amazing» et nous a donné une table un peu en retrait. La cuisson de la viande (et la propreté de la vaisselle) étant un peu douteuse, c'est un chat errant qui s'est régalé d'une partie de mon repas, mais on était là pour l'expérience plus que pour la gastronomie... Encore une fois, pas exactement relaxant, mais certainement dépaysant! «Toto, we're not in England anymore...»

Avec un léger tournis, causé par l'excitation pour moi et le stress pour Matt, nous sommes rentrés nous coucher tôt en prévision de notre départ à 7h du matin de lendemain. Direction: les Monts Atlas et le désert du Sahara, dans un prochain épisode!

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dimanche 24 janvier 2016

Hola Barcelona

Park Güell

Le problème qui se pose et m'empêche de publier régulièrement (outre le manque de temps... et la paresse), c'est mon obsession du respect de la chronologie. Là j'ai très envie de vous parler de notre magnifique voyage au Maroc, mais nous devons d'abord passer par Barcelone! Et je ne pourrais parler de Barcelone sans parler de mes trente ans (duh-duh-duuuuuuh...). En plus, nous avons quelques séjours au Québec derrière la cravate, mais je contourne le problème en me disant que je vous ferai un récapitulatif de tout en même temps plutôt que d'y aller en ordre. Donc. Un weekend à Barcelone, ça vous dit?

Barcelona

C'était en septembre, un drôle de mois de transition qui passe toujours trop vite (malgré que je l'aime d'amour, indépendemment du fait que ce soit mon anniversaire) (sauf qu'ici en Angleterre il est pas mal moins flamboyant qu'au Québec et a tendance à passer inaperçu)! C'est aussi l'anniversaire de Matt, en septembre, et dans les dernières années, le moment idéal pour un ou deux mariages; de même que le voyage annuel organisé par le travail de Matt, auquel il était libre de prendre part pour la première fois cette année (même si c'était juste avant mon anniversaire, j'essayais d'être raisonnable et de ne pas jouer la blonde harpie qui le force à rester à la maison). Donc je me retrouvais toute seule à fêter. Wouhou. Je n'avais pas envie d'une grosse fête, jusqu'à la dernière minute je n'étais vraiment pas sûre d'avoir envie de souligner mes trente ans du tout, mais en même temps j'avais l'impression qu'il fallait, que je le regretterais... Mes parents sont les meilleurs et ils ont senti mon indécision. Comme par hasard, ils se sont retrouvés en congé pour les deux semaines entourant mon anniversaire, et ont décidé de venir les passer en Europe. Mais tant qu'à faire (et considérant l'été désastreux qu'on a eu ici), pourquoi ne pas aller chercher un peu de soleil? D'où l'idée de Barcelone, qui était très haut dans ma liste de destinations, et où mes parents n'avaient jamais eu la chance d'aller non plus.

Montjuïc

Quand je suis arrivée le vendredi soir (tard, très tard, même en termes espagnols... départ après le travail et vol retardé de près de deux heures, plus une heure de décalage), mes parents y étaient déjà depuis quatre ou cinq jours. Je les ai rejoints «chez eux» (un appartement dans l'Eixample), et tout ce que j'ai eu à faire, c'est me laisser porter pendant trois jours. Quoi de mieux pour une trentenaire récalcitrante que de régresser à l'adolescence? Toujours est-il que ça m'a fait énormément de bien de ne pas être en charge, et de pouvoir profiter du soleil. Avec mes parents juste pour moi. Ça, c'était vraiment extraordinaire (léger syndrome de l'enfant du milieu, ici...)

Park Güell

Ils m'avaient patiemment attendue pour visiter le Parc Güell, alors ce fut notre premier arrêt dès le samedi matin (une fois tirés du lit après notre longue soirée de la veille). Comme je n'avais rien préparé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, outre les photos que j'avais vues de gens qui y étaient allés avant moi. C'était beaucoup plus grand que ce que je pensais (ce qu'on voit c'est toujours seulement la fameuse terrasse en mosaïque); au départ le plan de Gaudí était d'en faire une espèce de complexe d'habitation pour gens aisés, le tout basé sur son approche de l'architecture bien particulière. Pour des raisons que j'oublie (mais qui m'ont certainement été expliquées par ma mère, l'encyclopédie Gaudí), le projet ne s'est pas vraiment concrétisé, mais il reste un magnifique parc aménagé en lignes sinueuses et parsemé de quelques bâtiments. Il est aussi situé sur l'une des collines de Barcelone, et offre par conséquent des points de vue imprenables sur le reste de la ville. Utile pour une touriste qui débarque et qui a besoin de situer un peu les choses dans sa tête.

Park Güell

Nous sommes restés au Parc Güell jusqu'à être affamés, puis nous sommes allés retrouver un petit restaurant à tapas que mes parents avaient déjà repéré (et testé) plus tôt dans la semaine. Entre mon espagnol du secondaire et le catalan de mes parents (mais oui, ils ont appris le catalan avant de partir!), on se débrouillait pas mal pour commander, mais on ne savait pas toujours ce qu'il y aurait dans notre assiette! Heureusement, tout est bon, alors ce n'est pas trop risqué... Tant qu'on aime les sardines et les anchois.

Barcelona

Après, je ne sais plus si nous avons continué à pied ou si j'ai eu mon baptême du métro (le désavantage d'écrire quatre mois plus tard, avec ma mémoire défaillante et mes notes minimalistes); toujours est-il que nous nous sommes retrouvés dans la vieille ville médiévale, Barceloneta, qui débouche, au détour d'une rue étroite et ombragée, sur la plage! C'est ce qui m'a le plus surpris à Barcelone, je crois: cette proximité de la plage avec la ville. Moitié visite culturelle, moitié station balnéaire. Un instant on se croirait dans n'importe quelle ville européenne avec leurs dédales de rues anciennes, et le suivant on a les pieds dans le sable et la Méditerranée à perte de vue! Les vrais Barcelonais soutiennent que les plages de la ville ne valent pas la peine et évitent de les fréquenter, mais laissez-moi vous dire qu'en tant que Québéco-Londonienne, je ne suis pas si difficile! Ceci dit, il faisait tout de même un peu venteux, et je n'avais pas mon maillot. Une pause gelato a fait mon affaire (petite pensée pour notre voyage à Rome!).

Torre Agbar

Nous avons longé la plage en direction d'une station de tram qui nous emmènerait au Museu del Disseny (Musée du Design, ça ce n'était pas une idée de mes parents!). Intéressant de voir le point de vue hispano-centrique de l'évolution du design, j'ai été surprise de ne reconnaître presque aucune des pièces de la collection! L'immeuble lui-même, et son environnement, valent aussi le petit détour. Des ruelles gothiques à la plage, on se retrouve maintenant dans un espèce d'environnement futuriste où trône le frère du Gherkin, la Torre Agbar; mais à 15 minutes de marche, on a le nez sur la Sagrada Família... On est passés, comment faire autrement, c'était plus ou moins sur le chemin de l'appartement; mais rendus là, je n'étais pas sûre d'être assez en forme pour en profiter pleinement  (mes parents l'avaient visitée plus tôt dans la semaine) alors nous avons admiré l'extérieur seulement et continué notre route.

Pour le souper, nous avions une réservation dans un restaurant recommandé par le bonhomme de la boutique où mon père avait acheté une bouteille de vin (et oui, ses trois mots de catalan lui ont bien servi!), et même en arrivant à 22h, nous étions les premiers... C'est beau, l'Espagne, mais juste pour les horaires bizarres, je pense que je ne pourrais pas y vivre! Pour moi, à 22h, c'est dodo... Ceci dit, c'était délicieux, et nous avons pu essayer des spécialités catalanes. Non, je n'ai pas noté le nom...

Barcelona

Le dimanche, nous avions une autre grande journée de marche devant nous, mais Barcelone est une ville qui se marche vraiment bien. Un peu comme Paris; pas du tout comme Londres! En quittant notre appartement, nous sommes passés devant la Casa Batlló, l'une des maisons construites par Gaudí, puis nous sommes descendus vers la Plaça Catalunya, l'équivalent barcelonais de Times Square ou Piccadilly Circus, si on veut. C'est aussi l'extrémité nord de Las Ramblas, ce boulevard hyper-touristique où tout le monde m'avait conseillé de garder un oeil vigilant sur mon sac et mes poches. Honnêtement, pas la partie la plus intéressante de la ville, mais je suppose qu'il faut l'avoir vue...

La Barceloneta

Ce qui est bien c'est de quitter l'artère principale pour aller se perdre dans les dédales du quartier gothique. On y trouve toutes sortes de boutiques et de restaurants, et les foules sont plus faciles à gérer, sauf quand on veut faire la même chose que tout le monde, notamment visiter le Musée Picasso (tant pis)... On a continué notre marche de l'autre côté de Las Ramblas, pour manger quelques tapas avant de prendre le funiculaire jusqu'en haut du Montjuïc. Nous avons confondu funiculaire et téléphérique (il y a les deux), mais en toute honnêté, j'étais bien contente de garder les pieds au sol...

Montjuïc

Le Montjuïc est une autre des collines de Barcelone, celle qui accueillait les Olympiques de 1992 (je dois souligner que j'ai écrit l'année de mémoire, et après validation Google, j'avais raison - je me rappelle de ça mais pas de ce que j'ai mangé pour déjeuner ce matin, allez comprendre!). On y retrouve aussi un jardin botanique, et le Museu Nacional d'Art de Catalunya. Nous avons pris notre temps parmi les plantes, avec un petit arrêt au stade olympique, mais quand nous sommes arrivés au musée d'art catalan, nous nous sommes cogné le nez à des portes closes! Dommage...

Mies van der Rohe Barcelona Pavilion

Nous avons redescendu la colline de l'autre côté et fini par trouver le Pavillon Mies van der Rohe, que je voulais visiter. Les designers parmi vous auront une image très claire en lisant les mots «Barcelona chair»; et bien c'est de là qu'elle vient! Conçu par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe en 1929, le pavillon de l'Allemagne a été démantelé après l'exposition universelle pour laquelle il avait été commandé. À cause de son importance dans la carrière de Mies van der Rohe aussi bien que dans l'architecture du 20e siècle, il a été reconstruit en 1986 sur son site original, et on peut aujourd'hui le visiter! C'est un étrange bâtiment aux proportions d'une maison mais pas destiné à l'habitation; juste une pure étude de formes et de matériaux qui décrivent précisément le style du concepteur. Après les rues de Barcelone, c'est une véritable oasis de calme, de silence, de fraîcheur et de pureté. Très zen.

Casa Batlló

Casa Batlló

Diamétralement opposé au style de notre visite suivante: la Casa Batlló de Gaudí. Celle-ci conçue pour loger une famille aisée ainsi que des locataires au-dessus, et évidemment tout en courbes, couleurs et scintillement... Il me semble que l'audioguide était obligatoire; s'il ne l'est pas, il devrait, parce qu'il est vraiment essentiel à la compréhension de ce qu'on regarde. Super techno, en plus: on nous donne une espèce de console qui ressemble à un téléphone intelligent, et quand on regarde l'écran à certains moments, des animations 3D se superposent à ce qu'on voit! Sans le vouloir, nous sommes arrivés pour le coucher du soleil, et c'était vraiment magnifique...

Sagrada Familia

Pour le dernier jour, nous avions encore quelques cases à cocher: prise deux à la Sagrada Família, et au marché La Boquería, qui était fermé le dimanche. Malheureusement, pas de chance: avec cinq heures d'attente à la Sagrada Família, non seulement j'aurais manqué le vol de retour, mais je n'aurais rien fait d'autre de ma journée... Ce sera pour la prochaine fois, et c'est probablement une bonne idée de réserver en avance! Nous avons été plus chanceuses (ma mère et moi; nous nous étions séparés pour optimiser le temps de cochage de cases) au marché, qui était ouvert mais pas encore trop bondé, juste avant le dîner (que les Espagnols prennent vers 14h... mais pas à La Boquería, j'en suis sûre!). Nous avons donc fait nos petites emplettes de jamón ibérico, olives, et autres anchois, tout en grignotant un cornet de fromage Manchego; puis nous sommes allés rejoindre Papa pour dîner près de l'appartement. Nous y étions à 13h, à attendre qu'ils nous ouvrent la porte... Mais, encore une fois, c'était très bon, et l'avantage d'être les seuls clients c'est qu'on reçoit un excellent service! Nous sommes repartis le ventre plein et la peau ensoleillée, prêts à affronter le gris de Londres et l'âge de raison...

Juste un petit rappel: il y a toujours plus de photos sur mon compte Flickr, par ici...

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jeudi 5 février 2015

Hallo Berlin

Presque un an jour pour jour, je vous parle d'un autre voyage décidé à la dernière minute... Ces temps-ci, je trouve ça plus facile de faire la traduction anglaise que d'écrire la version française, alors vous me pardonnerez quelques anglicismes, j'espère...

Berlin Wall

Fin 2014, le même problème se pose qu'en 2013: que faire avec les quelques précieuses journées de congé qui nous restent? Encore et toujours, la liste de possibilités est longue (elle semble rallonger plutôt que raccourcir avec le temps...): Barcelone? Bruxelles? Marrakech? Madrid? Bruges? Berlin?? J'avais envie de vacances au soleil, mais rien n'est garanti, en novembre... Alors tant qu'à avoir froid quelque part, autant que ce soit à un endroit qui y est préparé. Selon les commentaires que j'en avais eu, on gèle à Berlin, hiver comme été! C'est donc bien équipés que nous sommes arrivés... Et il faisait 16 degrés. Les Berlinois semblaient tout aussi confus que nous, et évidemment ça n'a pas duré, mais c'était assez pour partir du bon pied!

Tiergarten

Comme nous y étions pour une semaine, nous avons choisi de réserver un appartement plutôt qu'un hôtel. On ne nommera personne, mais l'un(e) de nous deux a besoin de manger avant de sortir affronter le monde, sinon gare à vous! (Les anglophones ont un mot parfait pour le phénomène: «hangry»!) Par conséquent nous avions besoin d'une petite cuisine, pas envie de passer par Airbnb cette fois-ci. C'est bien pour un weekend, mais à la longue on a un peu l'impression de marcher sur la pointe des pieds pour faire attention à la maison de quelqu'un d'autre... Par chance il existe quelques options d'hôtels-appartements; dans ce cas-ci un bloc appartement comme les autres géré en entier par une compagnie de location à court ou plus long terme (Old Town Apartments, bon service, prix raisonnable, vivement recommandé!). Nous avions choisi l'emplacement (à 10 minutes à pied au nord d'Alexanderplatz) en pensant que ce serait pratique pour les transports, mais sans vraiment avoir une idée de la vie de quartier. Nous avons été agréablement surpris, autant par le quartier que par l'appartement lui-même. Rien de luxueux, mais spacieux, propre et tranquille (sauf le jour des poubelles). Nous nous sommes promenés pas mal au cours de notre séjour, et c'est notre quartier qui est resté mon préféré!

Prenzlauer Berg

Aucun de nous deux ne savait vraiment à quoi s'attendre de Berlin. Évidemment, c'est une ville hyper connue, pour de bonnes et de moins bonnes raisons, pour son passé autant que pour son présent (et même son avant-garde). Ceci dit, je n'ai eu à peu près que des commentaires élogieux (sauf pour la température), et ce provenant de gens relativement différents. Nous étions donc à peu près confiants d'y trouver notre compte, même en y allant pour une semaine complète plutôt qu'un weekend. Et nous n'avons pas été déçus!

Alexanderplatz

Le premier jour, donc, il faisait beau, et notre avion est arrivé 30 minutes en avance. C'était déjà bien parti. Nous avons réussi à naviguer le système de transport en commun (avec l'aide d'une préposée tout droit sortie des années 80, ce qui allait s'avérer être un trait courant des Berlinois d'une certaine génération) pour trouver notre appartement, via le bureau de location où l'employé nous a donné une carte et plein de conseils de trucs à faire. Aussitôt les valises déposées, on ressort pour profiter au maximum du soleil de fin d'après-midi. De chez nous, on peut marcher jusqu'à Alexanderplatz – je dois avouer que ma connaissance de Berlin était vraiment très limitée, mais c'était un des noms qui me disait vaguement quelque chose. Bon, il n'y a pas grand chose à voir sur la place même, mais on a rencontré plusieurs boutiques sympathiques en chemin (thé + papeterie sous un même toit, je ne dis pas non!), et posé quelques repères (la tour de télé est difficile à manquer, et nous a offert une référence infaillible pour retrouver notre appartement tout au long du séjour!). Nous sommes aussi passés par un marché où j'ai acheté une bague à un artisan qui s'est avéré être français et m'a remerciée d'un tonitruant «Québec, câlisse!». Bienvenue à Berlin!

Prenzlauer Berg

Prenzlauer Berg

Il faut croire que nous avions vraiment besoin de vacances – nous avons dormi presque 13 heures la première nuit! Apparemment les Berlinois ne sont pas des lève-tôt (pas que j'aie eu la chance de vérifier), alors nous en avons profité! Cette fois-ci nous sommes partis vers le nord, après un arrêt carburant pour Matt au café branché d'à côté, en direction du marché du dimanche à Mauerpark, vivement recommandé par notre gentil «hôte». Pour avoir écumé les marchés de Londres en long et en large, je peux attester que c'est Berlin qui gagne, haut la main. Il y avait un peu de tout, du vieux comme du neuf, de la nourriture, de la musique, et beaucoup de monde: des familles, des jeunes, des couples, des enfants, des chiens... Le tout dans une ambience tout à fait relax, pas forcée ni empruntée; juste plein de gens normaux qui allaient faire un petit tour au marché par un dimanche matin ensoleillé. C'est l'attitude que je retiens de Berlin: effortlessly cool, comme on dit chez nous.

Tiergarten

Après Mauerpark, nous avons pris le métro pour aller dans l'ouest, juste de l'autre côté du Tiergarten (Strasse des 17 Juni), pour un autre marché, celui-là pour les antiquaires sérieux. Il valait probablement une visite au musée: il y avait vraiment toute une variété d'époques, de catégories et de budgets, et ça c'est seulement dans la petite partie que nous avons eu le courage de visiter! J'ai récupéré un beau stein avec «Matthias» en lettres gothiques sur le capuchon, pour mon Anglais qui aime boire sa bière à l'allemande, de temps en temps!

Tiergarten

Brandenburger Tor

Après deux marchés, nous étions trop fatigués pour traverser tout de suite le Tiergarten alors nous sommes allés manger une tarte dans un sympathique café au bord du canal (en plein-air, il a fallu compétitionner avec les moineaux téméraires). Puis en prenant notre temps à travers le parc, nous sommes arrivés à la porte de Brandebourg juste au coucher du soleil. Au milieu des travaux par contre, puisque nous arrivons comme un cheveu sur la soupe lors des préparatifs pour la célébration du 25e anniversaire de la chute du mur.

Berlin Wall

Voyager à deux, c'est rassurant et divertissant, mais c'est aussi faire des compromis: je voulais faire une marche guidée, il voulait louer des vélos. Nous ferons donc un tour guidé à vélo! Plus sécuritaire pour moi (la stressée du guidon), et intéressant pour nous deux. La compagnie s'appelle Fat Tire, et notre guide, Julian from Toronto (qui a jugé nécessaire de me poser des questions-pièges pour prouver que je suis vraiment canadienne, accent British oblige), était intéressant, passionné et particulièrement calé. Nous avons appris plein de trucs, et il avait réponse à tout!


Checkpoint Charlie

On a fait le tour de toutes les attractions principales, d'Alexanderplatz au Tiergarten, en passant par Checkpoint Charlie, le mur, l'île des musées, le Reichstag, le bunker d'Hitler, le monument à l'Holocauste et toutes sortes d'églises et de places dont j'oublie le nom (le désavantage d'être escortés partout sans avoir à réfléchir). Pas particulièrement sportif avec 4 heures et demie pour couvrir 10 kilomètres (surtout quand on commande le boudin noir/choucroute/purée ou le schnitzel pour dîner), mais ça nous a donné une meilleure idée de ce qu'il vaudrait la peine de revisiter plus tard. Berlin est une ville extrêmement riche en histoire, mais à cause de ses différentes transformations au cours du temps, il faut souvent savoir où regarder!

Humboldt University

Après le tour, Julian nous avait recommandé un petit bar local où aller prendre un verre. Il a seulement négligé de mentionner qu'apparemment, à Berlin, c'est toujours toléré (même si pas tellement légal) de fumer dans les endroits publics. Inutile de dire que nous ne sommes pas restés longtemps... Après encore quelques boutiques en chemin vers l'appartement, nous avons fini épuisés et pas du tout tentés de ressortir manger. Ce sera donc pizza pour emporter et bière du supermarché... Et dodo tôt, encore une fois. We're on our holibobs, comme disait Matt! (Traduction: on est en vacances... on fait bien ce qu'on veut!)

Bauhaus Archive

Déjà le mardi nous commencions à ressentir les effets accumulés de la marche intensive, nous qui passons généralement 8 heures par jour assis devant un ordi plutôt que dehors à essayer de retrouver notre chemin. Comme il faisait gris, nous avons planifié de commencer par une visite des archives du Bauhaus, sauf que nous nous sommes cogné le nez à des portes closes. Fermé le mardi, évidemment... Ayant décidé de continuer la journée dans Charlottenburg de toute façon, comme nous y avions noté quelques adresses, nous avons cherché la première... et jamais trouvé. Affamés et un peu déboussolés dans un quartier où nous pensions trouver tant à faire, nous nous sommes arrêtés dans un café sans intérêt pour manger une bouchée et essayer de remettre notre journée sur les rails. J'ai sorti l'artillerie lourde: il y avait une seule adresse où je tenais absolument à aller durant notre voyage, un magasin qui m'avait été recommandé par mes patrons et qui, je le savais, me rendrait heureuse. C'est donc directement chez Manufactum que nous sommes allés. Heureusement, il était bien là où il se devait, et ouvert en plus! Difficile à décrire, c'est un endroit qui vend de tout, que ce soit nourriture, papeterie, mobilier, outils, vêtements... Mais avec une vision précise de qualité et de provenance, et un côté utilitaire très allemand. J'en suis ressortie les bras pleins et le moral au beau fixe (Matt, il va sans dire, était un peu moins impressionné, mais soulagé du changement d'humeur).

Charlottenburg

Nous avons encore cherché les endroits intéressants de ce quartier, sans grand succès jusqu'à ce qu'on aboutisse sur Kufürstendamm, où se trouvent toutes les boutiques de designers et surtout: de la vie! Des gens, enfin! Nous avons remonté Kufürstendamm vers le parc, à la recherche d'un endroit où prendre un verre qui ne soit pas un bar d'hôtel avec de la musique de club. Nous avons fini par tomber sur un vrai-faux pub allemand avec le traditionnel décor de mauvais goût, où Matt a bu la «meilleure bière du monde» (parole du proprio). Nos petits pieds se sont reposés mais ce n'était toujours pas l'heure de manger, alors j'ai proposé d'aller voir KaDeWe, le grand magasin de Berlin-Ouest, à deux coins de rue. En cours de route, nous sommes tombés sur le magasin Lego: arrêt obligé. Nous avons fini par y passer une bonne demie-heure à créer des bonhommes invraisemblables (il y a tous les morceaux dans des bacs, têtes, corps, accessoires, et on crée des personnages de toutes pièces, littéralement!). Au final nous avons seulement fait une pause pipi dans le plus grand magasin à rayons d'Europe, avant de partir à la conquête de notre souper. Quelques minutes de marche plus tard, nous constations que le resto choisi dans notre guide était plus chic que nous (un problème récurrent en voyage), alors nous nous sommes rabattus sur un endroit plus authentique et animé au coin de la rue. Après une journée parfois difficile à marcher dans le froid, rien de tel qu'une assiette traditionelle allemande pour se remettre les esprits en place! Jarret d'agneau et nouilles (panées...) pour Matt; hareng mariné et pommes de terre pour moi.

Friedrichshain

Le lendemain, nous avons procédé à la prise deux du musée du Bauhaus – avec succès, cette fois-ci! On s'attendait tous les deux à une grande quantité d'objets variés, une version encore plus détaillée de l'expo Bauhaus que nous avions vue et aimée au Barbican, à Londres. C'était plutôt l'inverse: une petite salle relatant l'histoire de l'école, ses principaux acteurs et moments marquants; et une plus grande salle présentant une exposition temporaire axée sur Lazlo Moholy-Nagy, l'un des directeurs. Si j'habitais à Berlin, je serais contente d'y retourner souvent pour voir les différentes expositions plus approfondies, mais pour des visiteurs espérant un tour d'horizon plus vaste, nous sommes restés sur notre faim. Nous avions considéré faire le voyage pour aller voir l'école elle-même à Dessau, mais ce sera pour la prochaine fois...

Berlin Wall

Après notre sortie culturelle dans l'ouest, nous avons repris le U-Bahn pour aller complètement dans l'est, manger un burger cuisiné dans une ancienne toilette publique (Burgermeister) et servi en plein-air, sur un terre-plein sous les rails du métro. Et c'était excellent! Nous avons passé le reste de l'après-midi à marcher le long du mur-galerie au bord de la rivière Spree et à découvrir Friedrichshain, un quartier cool de l'ancien Berlin-Est. Dans le gris et le froid, c'était on ne peut plus typique!

Schloss Sanssouci

Neues Palais

L'avantage d'être là pour une semaine, c'est qu'on a pu se permettre de sortir de la ville pour voir autre chose: en l'occurrence, Potsdam, pour visiter les palais. Par contre, le jour où on a décidé de faire ça, il y avait la grève des trains... Heureusement, c'est seulement une fois arrivés à destination que nous avons été informés du problème, notre voyage ne s'en est pas trop ressenti. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'on pourrait rentrer! Nous n'avions pas vraiment planifié, mais comme nous étions hors-saison, il n'y avait pas des masses de choix. Exit le tour de vélo et la plupart des visites guidées; il y avait une seule compagnie d'autobus qui roulait toujours. Choix facile, donc... Le bonhomme qui nous a vendu les billets inspirait plus ou moins confiance («allez mon ami, je te fais un bon prix!»), mais notre guide semblait tout à fait respectable, et une chance qu'elle était intéressante parce qu'il faisait gris et froid, pas de chauffage dans l'autobus avec un toit en bâche...

Schloss Cecilienhof

Potsdam

Nous avons visité les trois principaux palais (de l'extérieur) et vu quelques autres trucs en passant, puis ils nous ont laissés à nous-mêmes dans la vieille ville. Et c'était vraiment très joli, particulièrement le quartier hollandais et Little Amsterdam! Je réalise que je n'en fais pas un portrait très alléchant, mais c'était tellement différent de Berlin, ça valait le déplacement malgré tout. En rentrant à Berlin, nous avons décidé de retourner manger dans un pub où nous avions seulement pris un verre mais qui nous avait semblé plutôt charmant. Boulettes de viande, pommes de terre, sauce; la diète, décidément, ce ne sera pas pour tout de suite!

Berlin Wall

Holocaust Memorial

Le vendredi, nous ne voulions pas trop nous éloigner pour être sûrs de ne pas manquer notre seule obligation de la semaine: le match de soccer de l'équipe berlinoise! (Voyager à deux, compromis, tout ça, tout ça...). Nous avions simplement envie de retourner à deux endroits repérés lors de notre tour à vélo: le musée Topographie de la terreur, et le monument à l'Holocauste (journée joyeuse en perspective). Je pensais que nous aurions à meubler notre temps autrement, mais c'était sans compter que nous passerions deux heures et demie au musée! C'est une seule salle, avec beaucoup de lecture à faire sur de grands panneaux, mais c'était vraiment intéressant. J'ai réalisé à quel point je me souvenais peu de mes leçons d'histoire, et le fait de mettre les événements en contexte leur donne un tout autre sens. Frissons dans le dos garantis... Et pareil pour le Monument aux Juifs assassinés d'Europe (son nom officiel, puisqu'il y a aussi des monuments dédiés aux autres groupes victimes de l'Holocauste), mais à un niveau plus abstrait et sensoriel. Les deux m'ont beaucoup touchée.

Potsdamer Platz

Sur cette note légère, nous sommes retournés à l'appartement pour enfiler tous nos vêtements les plus chauds en prévision de notre soirée au stade. Nous sommes partis bien en avance mais une erreur de parcours a permis aux foules de nous rattraper, et nous avons fait le plus gros du voyage debout, comprimés dans un wagon rempli à ras bord de fans déjà réchauffés (dans tous les sens du terme), à suer dans nous six couches de chandails. J'ai trouvé le stade impressionnant (bâti sous le règne d'Hitler pour les Olympiques de 1936), et mon cerveau n'a pas pu s'empêcher de faire un parallèle inconfortable entre la foule de supporters chantant à l'unisson et les images de l'Allemagne nazie vues plus tôt... Mais une bière, un bretzel géant et une currywurst m'ont ramenée au moment présent, et j'ai même apprécié le match! Jusqu'au moment de retourner en ville, lorsqu'il a fallu se battre (littéralement, je n'avais jamais vu ça!) pour monter dans un train qui est tombé en panne à la station suivante, et attendre encore 20 minutes pour qu'il y ait assez de place pour nous... Disons que globalement, je n'ai pas été particulièrement impressionnée par le système de transport berlinois. En plus, les wagons sont décorés comme des cuisines des années 70...

Prenzlauer Berg

Samedi, notre dernière journée déjà! Nous ne sommes pas fâchés de rentrer chez nous, tout en ayant l'impression que Berlin aurait facilement pu devenir «chez nous»... Notre vol était seulement en fin de journée, mais avec la grève des trains, personne ne pouvait vraiment nous dire avec certitude combien de temps il faudrait pour nous rendre à l'aéroport. Nous devions quitter l'appartement pour 11h de toute façon, alors nous sommes allés bruncher sur une terrasse au soleil, puis marché dans Prenzlauer Berg, notre quartier, que nous n'avions pas vraiment encore exploré. C'était tellement joli, au soleil d'automne! Un côté de Berlin qu'on ne voit pas souvent, quand on pense à l'architecture fasciste, aux mauvaises reconstructions d'après-guerre, et aux nombreux sites encore en travaux...

Prenzlauer Berg

Nous avons pris le train bien en avance pour être sûrs de ne pas manquer notre avion, et sommes arrivés sans encombres à l'aéroport. Retour à Londres sous la pluie, évidemment... Auf Wiedersehen, Berlin!

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