dimanche 16 février 2014

Glædelig Jul, København

Joyeux Noël, Copenhague

Boat tour

Vers la fin de l'année 2013 (je dis ça comme si c'était un passé lointain...), j'ai réalisé que j'avais plus de journées de congé que prévu et que je devais les prendre, ou les perdre, avant la fin de l'année.  Il a fallu faire preuve de créativité et d'ouverture (et surtout bien chercher dans tous les racoins de l'internet), parce que l'élément «voyage de dernière minute un mois avant Noël» nous compliquait quand même un peu la vie côté budget. On voulait aller quelque part en-dehors du Royaume-Uni, idéalement où on retrouverait un peu d'ambiance festive, et j'ai toujours un faible pour le côté romantique d'un voyage en train par rapport à l'avion; peut-être parce que ça me semble tellement européen? (Surtout dans l'imaginaire, hein, parce que dès que je pose mes fesses sur un siège qui fait face à l'arrière même si j'avais réservé la bonne direction, avec des voisins qui parlent fort de choses insignifiantes, les odeurs de leur nourriture et de la toilette qui se mélangent, le manque d'espace et les délais, retards, et autres problèmes techniques, je reviens rapidement sur terre...) Bref, nous avons commencé à regarder dans les environs de la Belgique, l'Allemagne ou la France, avant de nous rendre à l'évidence: à deux semaines d'avis, le train, c'était mort. Et s'il lui restait encore un dernier râle d'agonie, c'était pour être définitivement achevé par le prix des hôtels, auberges, et autres B&B.

Rådhuspladsen

Je ne me souviens pas bien comment nous nous sommes retrouvés à chercher un peu tout et n'importe quoi sur le site d'EasyJet, pour tomber par hasard sur des billets vraiment pas chers pour Copenhague. On se pose quand même un peu la question: oui apparemment Copenhague c'est l'endroit le plus cool sur terre (ce n'était pas moi qui le disais à l'époque – maintenant oui!), mais ça ressemble à quoi en décembre? Et surtout, c'est quoi l'attrape, on croyait que c'était hyper cher, la Scandinavie? Puis la Québécoise en moi sort de son hibernation et arrive avec ses skis; même si, dans le pire des cas, il neigeait et/ou qu'il faisait -30, on en a vu d'autres, quand même (vraiment, je deviens trop anglaise...)! Mes derniers doutes quant au nombre d'heures d'ensoleillement se sont évaporés au moment où je me suis rappelé les collections de Noël féériques chez Ikea (oui, je sais que c'est suédois). À nous deux, hiver scandinave!

The Lakes

Après mon baptême EasyJet (sans encombres), nous sommes arrivés en terre danoise vers 14h un samedi de décembre. L'aéroport est relativement près du centre et facile d'accès en transports en commun, alors nous étions en ville vers le milieu de l'après-midi. La lumière commençait à baisser... Le temps de trouver le bon autobus, «notre» appartement et la gentille Rikke qui nous le prêtait (via Airbnb)*, il faisait complètement noir! Voilà, c'était donc vrai, les journées sont courtes – pires qu'en Angleterre, où je remarque déjà une nette différence avec le Québec. Tant pis, la vie continue, c'est comme la pluie à Londres: tout le monde fait semblant de ne pas la voir! Donc nous sommes sortis marcher pour commencer à nous situer et avoir une idée des distances. Autant faire notre repérage dans le noir, si c'est comme ça que se passerait 75% du séjour!

The Lakes

Botanisk Have

L'autre problème c'est que le soleil se lève tard le matin, donc malgré nos bonnes intentions nous étions rarement sortis de chez nous avant la fin de l'avant-midi. En même temps, quand on est en vacances, on peut bien se permettre de faire la grasse matinée... Nous habitions dans Nørrebro, dans le nord-ouest de la ville, juste de l'autre côté des lacs artificiels qui délimitent la frontière avec le centre-ville. Le dimanche matin (midi), nous sommes allés les longer (de clarté!) pour traverser au niveau du Statens Museum for Kunst. Il faisait beau et nous avions plutôt envie de découvrir la ville que de passer une heure au musée, alors nous avons continué notre chemin, avec un petit détour par le jardin botanique et sa serre pour se réchauffer!

Nyhavn

Boat tour

Nous avons ensuite continué à marcher jusqu'à Nyhavn, la petite rue pittoresque au bord de l'eau qui attire tous les touristes. Il y avait un marché de Noël, pas trop de monde, nous avons déambulé en mangeant un hot dog français, c'était plutôt charmant! Déjà le soleil commençait à menacer de disparaître, alors nous avons sauté sur un bateau guidé pour aller visiter la ville par ses canaux. J'avais fait un tour semblable à Amsterdam, ce n'est pas fameux pour se retrouver à pied après, mais au moins ça place les plus gros morceaux. Et même si on a gelé, le coucher de soleil était magnifique!

Carlsberg Museum

Tivoli

En fin d'après-midi (dans le noir), nous avons pris un bus pour nous rendre au musée Carlsberg, mais malgré l'aide d'un bon Samaritain qui nous a indiqué l'arrêt où descendre, nous avons eu du mal à trouver et sommes arrivés juste après la fermeture... Un peu dépités, nous avons erré jusqu'à revenir dans le centre, et décidé d'aller voir Tivoli; impossible de rester de mauvaise humeur dans un endroit pareil! Tivoli, c'est un espèce de parc d'amusements en plein centre de la ville, où on pourrait facilement rester une journée entière. Ce n'est pas immense, mais il y a des manèges bien sûr, et aussi des théâtres et salles de spectacles, de nombreux restaurants, cafés et boutiques, le tout dans de jolis jardins aménagés. Et le soir, avec toutes les lumières colorées, c'est vraiment féérique! Même le «quétaine», les Scandinaves le font avec goût...

Petzi!

À Tivoli, j'ai aussi renoué avec un ami d'enfance, oublié depuis longtemps: Petzi, dont je lisais les aventures avant de dormir. Je ne savais même pas qu'il était danois! De même que les Lego, Hans Christian Andersen et toutes ses histoires dont je raffolais (dans leurs versions originales autant que Disney), et plein d'autres détails remarqués un peu partout durant notre voyage. Des choses qui me semblaient soudainement familières pour les avoir déjà vues, petite; que ce soit un personnage, un nom, un lieu, un style d'illustration... Je n'avais jamais réalisé que mon imaginaire d'enfant avait été autant marqué par l'univers scandinave!

Danske Cykelhandlere

Nous sommes rentrés, à pied encore une fois, et c'est après cette première journée que nous avons vraiment compris que le vélo, à Copenhague, ce n'est pas juste un style. C'est une réelle nécessité, dans une ville où tout est un peu trop loin pour marcher, mais un peu trop proche pour justifier de prendre les transports en commun (apparemment très chers!). Et en plus, bonus: c'est tout plat partout! Matt avait des fourmis dans les jambes, mais je ne me sentais pas à l'aise de me déplacer en vélo dans une ville que je ne connais pas, j'y voyais plus une entrave à notre liberté qu'un réel avantage. Ce sera pour la prochaine fois...

Boat tour

C'est donc à pied que nous sommes repartis le lendemain, lundi, pour aller visiter les boutiques que j'avais repérées mais qui étaient toutes fermées le dimanche. Nous avons eu du mal à trouver la première, Designer Zoo, et encore plus à décider quoi rapporter dans nos valises déjà bien remplies (enfin c'est plutôt moi, l'acheteuse indécise, je pense que ça ne surprend personne). Après avoir fait quelques autres magasins, j'ai réalisé qu'on retrouvait un peu les mêmes trucs partout. Au moins j'avais déniché mon petit magot dans une boutique indépendante hors du centre, pas un grand magasin touristique, et puis je n'ai pas revu exactement ce que j'avais acheté ailleurs, alors je pense m'en être plutôt bien sortie! Nous avons aussi fait un petit tour à Playtype, Hay, et l'incontournable Illums Bolighus. Imaginez un immense magasin à rayons, type John Lewis ou La Baie, rempli exclusivement de ce qui ne compose habituellement qu'une petite section «scandinave». Tout, tout, tout était beau, bien fait, intelligent, noble, minimaliste, ludique, coloré, désirable, à en avoir mal à la tête... Il a fallu que je sorte. C'était il y a plus de deux mois et j'en ai encore le coeur serré rien qu'à y penser...

The Little Mermaid

Entre deux magasins, nous sommes allés prendre une bouffée d'air frais au bord de l'eau, un peu en retrait du centre, où se trouve la fameuse Petite Sirène. La pauvre, elle a beau être hors des sentiers battus, elle est toujours entourée de nonos, et on lui a fichu un bel arrière-plan d'usines et d'entrepôts... J'ai fait l'obligatoire photo de groupe pour des touristes japonais, qu'ils arrêtent leurs niaiseries, puis pris quelques photos de la belle pendant qu'on était tranquilles. Pour rester dans le thème, nous avons fini la journée avec un tour du musée HC Andersen – déception numéro un du voyage, c'était cher et ce n'était rien du tout, à moins d'avoir envie de se faire raconter ses contes les plus connus en appuyant sur un bouton...

Tivoli

Et juste comme on commençait à se sentir installés, c'était déjà le jour du départ! Pas le temps de faire grand chose d'autre qu'une dernière marche, et un tour de métro pour retourner à l'aéroport. Fait intéressant: les métros n'ont pas de cabine pour le conducteur (pas de conducteur du tout?) donc on peu être assis directement en avant, aux premières loges pour voir défiler les tunnels! Ceux à qui le «siège du touriste» dans les autobus de Londres (le premier en avant, en haut) donne donne des sensations fortes, n'y pensez même pas!

Boat tour

J'ai quitté Copenhague en ayant l'impression d'être restée sur ma faim. Nous avons fait plein de choses, mais il y en a tellement d'autres que j'aurais voulu faire! Nous n'avons vu aucun musée, même pas mis les pieds dans la plupart des quartiers, pas vraiment profité des restaurants non plus, ni même fait de vélo... Je suis définitivement de ce type de voyageurs qui aiment retourner aux mêmes endroits et se créer des habitudes, plutôt que de découvrir de nouveaux endroits à tout prix. Je perds un peu mes moyens quand je me retrouve dans un endroit totalement inconnu, ce que j'aime c'est y vivre comme les locaux, et ça, ça prend un peu de temps. N'empêche, il y a quand même quelques nouvelles destinations sur la liste, avant de pouvoir recommencer à faire le tour de ce que j'ai déjà vu... Peu importe, on se reverra, Copenhague, c'est sûr!

Boat tour

*Attention, message d'intérêt public: chercher un appartement à Copenhague sur Airbnb, c'est à la fois excitant, déprimant, et totalement addictif. Mais qu'est-ce qu'ils ont, tous ces Scandinaves, à avoir un goût infaillible?

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samedi 1 février 2014

Ménage du printemps ::: Spring cleaning

N'ajustez pas votre sécheuse... Le blog se refait une beauté!

Plus d'espace, des photos plus grandes, moins de gadgets... Ça vous plaît?

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No you're not going mad... The blog is having a facelift!

More space, bigger photos, less clutter... How do you like it?

Roma II

Gianicolo

Fontana dell'Acqua Paola

Villa Farnesina

Pour la première partie, c'est par ici...

Le cinquième jour, nous avions prévu de monter le Gianicolo. Nous avons probablement passé plus longtemps à chercher où prendre le bus qu'à admirer la vue une fois en haut, mais malgré tout, ça valait le détour! En redescendant à pied par l'autre côté, nous sommes arrivés dans le Trastevere, un quartier un peu plus «populaire», au sens où plus de vrais Romains y vivent, pas que des autobus de touristes... Avant d'y arriver, nous avons fait un petit détour par la Villa Farnesina, où on retrouve des fresques de Raphaël. C'est ce qui est impressionnant à Rome, je trouve: partout où l'on va, on est entouré de ces trésors, on en devient presque blasé! Bien sûr, il y a tous les monuments, l'histoire, mais pour moi le fait que des oeuvres d'artistes mythiques soient encore en contexte, soit dans des villas ou des églises, plutôt que rassemblées dans des musées, donne vraiment un tout autre coup d'oeil. On comprend comment les artistes fonctionnaient, et pour quoi (et qui) ils travaillaient.

Piazza di Santa Maria

Santa Maria in Trastevere

Une fois dans le Trastevere, nous avons fait la tournée des églises (et un petit tour au Museo di Roma, mais même pas la peine d'en parler...) en commençant par Santa Maria, puis Santa Cecilia, et probablement une ou deux autres dont j'oublie le nom. Nous avions rendez-vous le soir pour la deuxième partie des retrouvailles familiales, alors plutôt que de rentrer à l'appartement où nous nous serions sûrement endormis, nous avons mangé des gelati, marché, et pris un verre pour passer le temps. J'étais bien fière de savoir commander un Aperol Spritz comme une vraie touriste (en anglais!).

Villa Borghese

Après deux repas, chez la tante puis chez la cousine de ma mère, nous avons compris que certaines ressemblances entre les Italiens et les Québécois se passent au niveau de l'estomac. Quand on combine la notion d'économie québécoise («finis ton assiette, pas de gaspillage») avec l'amour viscéral des Italiens pour la nourriture en abondance («en veux-tu encore, tiens, mange, c'est bon»), on obtient des repas aux proportions assez épiques! La mamma italienne croisée avec la mère de famille québécoise... Et c'est vrai, tout était délicieux, j'ai trouvé que c'était une chance extraordinaire de partager la table de «vrais» Italiens; évidemment ça ne se compare pas à ce qu'on connaît dans les restaurants ici. J'ai vu la plus grosse boule de mozzarella di buffala de ma vie (presque aussi grosse que ma tête, et je n'exagère pas!) et été aux premières loges d'une quasi-chicane de famille parce qu'elle avait été servie avec des herbes décoratives qui allaient en fausser le goût pur...

Villa Borghese

Villa Borghese

Roma

Le lendemain matin, nous avons eu besoin de faire la grasse matinée pour récupérer. Le jour 6 a donc démarré un peu sur le tard, mais nous commencions à avoir réglé une bonne partie de nos listes respectives. Nous sommes retournés nous balader dans le parc de la Villa Borghese, mais malheureusement il fallait réserver à l'avance pour visiter le musée, alors nous nous sommes contentés de la boutique! Nous avons mangé un panino au dernier étage du grand magasin La Rinascente, puis marché jusqu'à l'une des gelaterie qui nous avaient été recommandées. Ce fut ma meilleure combinaison du voyage, je crois: caramel et châtaigne. Pas loin devant pomme et poire, par contre, quoique figue et pamplemousse rose, c'était pas mal aussi... Décidément, je suis fan! À force de marcher, nous étions rendus un peu loin, alors nous avons pris un bus pour rentrer. Il faisait tellement chaud, nous aurions dû garder la pause gelato pour le retour... J'ai décidé que cette fin de journée, quand j'avais les pieds bien fatigués et gonflés au maximum, serait le moment idéal pour aller voir de plus près ces chaussures que je regardais à tous les jours au coin de notre rue. Ce n'est pas le fin cuir italien qui me faisait de l'oeil, mais plutôt des espadrilles Superga, «les chaussures du peuple italien»! Puis nous avons mangé tout près, dans une taverna avec un gentil proprio qui nous a raconté des histoires en français.

Santa Maria del Popolo

Trastevere

Pour notre dernière journée, nous avons décidé de retourner à nos endroits préférés. Nous avons marché jusqu'à la Piazza del Popolo pour voir une exposition sur les machines de Léonard de Vinci, puis visité l'église Santa Maria del Popolo juste à côté. Une oasis de calme et de fraîcheur... J'ai beaucoup aimé la lumière naturelle qui y entrait et mettait certains détails en évidence. De là, nous avons pris un bus jusque dans le Trastevere, pour retourner faire des photos sous un ciel plus clément. Il faisait pas mal gris lors de notre premier passage, et j'avais l'impression que ce serait vraiment joli au soleil. Je ne m'étais pas trompée, mais il aurait aussi fallu que je m'assure que mon appareil-photo fasse la mise au point correctement...

Orto Botanico

Orto Botanico

Nous avons attrapé les derniers rayons dans le très beau jardin botanique, au pied du Gianicolo, derrière lequel le soleil se couchait prématurément. J'ai appris que les bananiers faisaient une grosse fleur pendant au bout d'une drôle de longue tige... Il fallait bien aller à Rome pour découvrir ça! Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés sur un pont pour admirer la danse de centaines d'oiseaux au-dessus de l'isola Tiberina, c'était presque hypnotisant... Puis nous sommes allés manger un dernier gelato au Campo de Fiori, et une dernière pizza sur la via della Pace, à deux pas de chez nous.

Trastevere

Nous avons fini le voyage repus, fourbus, pas nécessairement très détendus mais heureux d'avoir partagé ces moments ensemble. Nous retournions tous les trois à Londres pour quelques jours avant le grand départ, inutile de dire que nous n'avions pas prévu grand chose... Même le retour au travail, pour moi, semblait reposant! Mes parents avaient réservé un petit studio au Town Hall Hotel, à quelques minutes de mon travail, et je ne peux que le recommander vivement! Nous avons profité des deux restaurants sur place; un souper tranquille à la Corner Room, où je retournerais n'importe quand, et une soirée théatrale avec menu dégustation de six services à Viajante, tout une expérience! Après avoir tant mangé à Rome, nous ne pouvions pas nous arrêter en si bon chemin... Je les ai aussi invités chez moi, et moi chez eux, c'était drôle d'avoir un semblant de normalité alors que nous vivons normalement à des milliers de kilomètres... Et c'était aussi l'occasion pour eux de rencontrer Matt, en prévision de notre séjour en décembre; mais ça, j'en reparlerai!

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